Quand un parti passe en tête, la nature du jeu politique change.
L’élection approche et le Parti Québécois est en tête pendant que d’autres partis sont occupés à se reconstruire, à organiser des courses à la chefferie, à régler des enjeux internes pendant que le calendrier avance.
Cette position crée un risque clair : celui de la facilité.
Reprendre les promesses déjà entendues, tenir des discours qui rassurent, parler beaucoup, agir peu, parce que le contexte aide et que les autres ne sont pas prêts.
Et pourtant, le moment ouvre une vraie occasion. Pas juste une occasion idéologique.
Celle de poser des structures qui permettent à un territoire de tenir dans le réel actuel, entre incertitude économique, tensions géopolitiques, chaînes d’approvisionnement fragiles et services publics à bout de souffle.
Ce contexte appelle des fondations simples et claires.
D’abord, investir massivement dans l’agrotechnologie, pour assurer la capacité de nourrir la population ici, avec des systèmes modernes, productifs, capables de soutenir l’économie autant que la sécurité alimentaire.
Ensuite, investir clairement dans la cybersécurité et la sécurité des infrastructures, pour protéger les données, les réseaux, les services essentiels et éviter que chaque crise expose les mêmes vulnérabilités.
Puis, réduire clairement la taille de l’État et la pression fiscale, pour dégager de l’espace et remettre l’argent là où il produit vraiment de la richesse.
Enfin, utiliser ces marges pour créer de la richesse réelle, des entreprises locales aux PME, jusqu’aux manufactures, dans les régions comme dans les centres, pour sortir d’un modèle presque entièrement tertiaire et reconstruire une base productive solide et durable, quitte à ajuster temporairement la trajectoire financière.
Ces fondations ne devraient pas être étrangères au PQ, elles font partie de son ADN historique, au moins pour une large part.

La différence se joue aujourd’hui dans la volonté de faire un vrai choix, ou de continuer à surfer sur la vague du « c’est à mon tour de me servir », en sachant très bien que les gens voient passer les gouvernements, les proches, les réseaux, pendant qu’eux continuent à payer et à attendre.
La question ne devrait pas être l’indépendance frontalement car avant d’être, il faut se donner les moyens d’exister.
Avec le désordre actuel chez les autres partis, le PQ dispose d’une fenêtre rare : gagner parce qu’il propose quelque chose de solide, ou gagner simplement parce qu’on en a marre des autres.
Au fond, la question est simple : est-ce que le PQ veut gagner parce que les autres sont faibles, ou devenir incontournable parce qu’il pose enfin des bases claires pour nourrir, protéger et faire travailler un territoire dans le monde réel qui arrive, et pas dans celui d’hier.
Parce que gagner par défaut, ça arrive souvent : construire quelque chose qui tient, beaucoup moins.